A la suite de son renvoi d'une école militaire, Marlon Brando intègre l'Actor Studio de New York. Il développe ses talents d'acteur. Au départ, il joue énormément au théâtre mais refuse les propositions des studios hollywoodiens. En 1950, il interprète un infirme de guerre dans C'étaient des hommes. Signe de son perfectionnisme, il passe de nombreux mois dans un hôpital militaire pour rendre son interprétation convaincante.
L'adaptation pour le cinéma d'Un tramway nommé désir (1951) par Elia Kazan lance sa carrière. Deux ans plus tard, il retrouve le réalisateur pour Viva Zapata ! . Ce cinéaste lui offre certains de ses meilleurs rôles comme dans Sur les quais (1954), film extraordinaire et drame pour lequel il remporte un Oscar. Son personnage dans L'Equipée sauvage (1953) fait de lui l'icône de toute une génération. Il s'illustre dans plusieurs sortes de rôles comme Jules César (1953) ou la comédie musicale avec Blanches colombes et vilains messieurs (1955), tous deux orchestrés par Joseph L. Mankiewicz. Son jeu et son charisme impressionnent les professionnels et le public.
A partir des années 60, Marlon Brando s'aventure dans des projets de plus en plus risqués. Il s'essaie à la réalisation avec La Vengeance aux deux visages (1961) qui se solde par un véritable échec commercial. Il enchaîne avec le tournage des Révoltés du Bounty (1961) qui connaît de nombreuses difficultés. Les sujets trop hardis de ses longs métrages comme La Poursuite impitoyable (1967) et Reflets dans un oeil d'or (1967), qui traite de l'homosexualité, inquiètent les financiers. Mais, c'est surtout son caractère insupportable, dont il fait preuve sur les tournages de Queimada (1971) et du Corrupteur (id.), qui le met à l'écart des plateaux.
En 1972, alors qu'il est devenu persona non grata, Francis F. Coppola, contre toute attente, lui offre le rôle de Vito Corleone dans Le Parrain, un personnage qui donnera un nouveau souffle à sa carrière. Marlon Brando ne s'est pas pour autant assagi. Il refuse l'Oscar pour ce rôle en signe de protestation contre le massacre des Indiens perpétré par l'Etat américain. Puis, il interprète le sulfureux Dernier tango à Paris (1975). Il exige alors des cachets exorbitants pour finalement jouer de petits rôles dans Superman (1978) et Apocalypse now (1979). Las des vicissitudes hollywoodiennes, il s'exile sur une île du Pacifique pendant dix ans.
A la fin des années 80, Marlon Brando vit une véritable tragédie avec le suicide de sa fille Cheyenne, consécutif au meurtre de son petit ami par son frère. Les dépenses liées aux procès de ces sombres histoires le poussent à retourner devant les caméras. Fini le temps des chef-d'oeuvres, c'est un Brando obèse et fatigué qui fait son retour. Plus que jamais, il court le cachet comme avec Premiers pas dans la mafia (1989), L'Ile du docteur Moreau (1996) et The Score (2001), sa dernière apparition à l'écran. En cette fin de carrière, on retiendra tout de même ses remarquables prestations dans Une saison blanche et sèche (1989) et The Brave (1998), la première réalisation de Johnny Depp. Marlon Brando est un mythe du cinéma Américain et restera un acteur que j'apprécies tout particulièrement !